SUJET DE RECHERCHES L'objet de cette rubrique est de mettre en lien les personnes travaillant sur les mêmes problématiques ou sur le même type d'ouvrages.(le travail sur un même thème en commun serait source d'un savoir plus riche).retour au menu

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  Le jeu d'échecs

  suivre

 

2

discipline et l'autorité à l'école    

 

 

 

 

 

 

 

INADAPTATIONS SCOLAIRES

ET JEU D’ECHECS

SOMMAIRE

Introduction

I.le jeu d’échecs et la classe relais

A / l’aspect historique

B/ la classe relais

B1. le dispositif

B2. l’atelier jeu d’Echecs

B3. la tour sur la diagonale de la dame

C/ la valeur éducative du jeu d’Echecs

C1. le respect des règles

C2. le respect des autres

II le jeu d’Echecs et l’attention, des éléments de réponses

A/ généralités

B/ Quelques causes générant l’attention

B1. le plaisir de jouer

B2. la responsabilisation

B3. le défi

C/utilité des échecs dans le développement de l’attention

III – mise en place d’outils d’évaluation

Conclusion

Bibliographie

 

 

 

 

Introduction_______ _______________________________(Retour som.)

 

A l’occasion d’une fête de quartier, nous avons été étonnés de voir certains adolescents captivés par une représentation de jeux d’échecs sur damier géant. La particularité de ces jeunes gens était que l’on avait davantage l’habitude de les rencontrer au pied des immeubles dans des situations conflictuelles avec le voisinage ou avec le collège, que s’intéressant à une activité du type stratégie tel que le jeu d’Echecs réputé davantage pour son silence et sa nécessaire réflexion.

En 1998, lorsque nous avons été interpellés pour intervenir dans une classe relais, l’observation de ce phénomène de rue, associé au jeu et au rappel des règles, nous a semblé très intéressant à reprendre comme atelier d’apprentissage.

En animant cette activité jeu d’Echecs, nous avons été à nouveau étonnés par ce même phénomène d’intérêt de la part de ces collégiens, repérés par l’éducation nationale comme perturbateur et dépeint comme agités, ne restant pas en place, désintéressés de l’enseignement, pas ou peu motivés.

Nous avons constaté que des garçons signalés par l’école pouvaient rester une heure et demi attentif à une situation de jeux d’Echecs. Nous pensions à priori, que le jeu risquait de terminer sous la table. A aucun moment ce ne fut le cas.

De plus, lors des bilans effectués en fin de classe relais, cet atelier était cité comme le plus intéressant.

Notre motivation dans ce travail est de répondre à la question "le jeu d'Echecs peut-il être un outil pour développer la capacité attentionnelle des enfants en difficultés ?

Nous nous sommes donc posés la question de savoir si un jeu, le jeu d’Echecs leurs permettaient de rester attentif, tout en étant encore dans un dispositif scolaire (même annexe).

Nous allons, tout au cours de ce travail d’approfondissement, étudier la relation du jeu d’Echecs avec la notion d’attention.

Dans une première partie, nous aborderons le jeu d ’Echecs dans la classe relais décrivant ainsi le cadre dans lequel nous avons fait nos observations.

Dans une seconde partie, nous nous intéresserons plus spécifiquement à la notion d’attention, en essayant d’analyser ce qui captive ces enfants, au point de les rendre attentif, ce qui n’est pas le cas dans le groupe classe. Nous verrons également en quoi ce jeu de stratégie proprement dit, développe de par son jeu et ses règles la capacité attentionnelle.

Et enfin dans une dernière partie, nous essaierons de créer des outils susceptibles de vérifier nos observations et les théories auxquelles nous faisons référence, confirmant l’hypothèse suivante : "le jeu d’Echecs est un outil pour améliorer la capacité attentionnelle des enfants en difficultés scolaires ".

 

I LE JEU D’ECHECS ET LA CLASSE RELAIS___________ (Retour som.)

Il nous paraît nécessaire dans un premier temps de préciser ce qu’est la classe relais et comment se déroule l’atelier jeu d’Echecs d’où découle nos observations.

Auparavant nous allons faire un bref historique du jeu d’échecs. Il nous semble répondre en partie à l’intérêt que ce jeu suscite auprès des adolescents.

A/ Aspect historique___________________________________ (Retour som.)

De nombreux auteurs, soulignent l’intérêt que suscite le jeu d’Echecs. A.NOBLE nous dit "l’enfant a une curiosité quasi spontanée pour ce jeu et les expériences menées dans les écoles, tendent à prouver que le jeu d'Echecs peut aider au développement de l’enfant. "

Notre recherche actuelle montre, qu’effectivement, ce jeu attire les enfants, les adolescents. On peut s’interroger sur le "pourquoi " de cet intérêt et noter que ce jeu a traversé les siècles, croisé tous les peuples de la terre.

Jeu millénaire, sans hasard, le plus célèbre de tous les jeux de stratégie, les échecs recèlent de nombreuses richesses. C’est pourquoi, il nous est apparu nécessaire de consacrer un paragraphe a cet aspect.

L’origine du jeu n’a jamais été daté de façon certaine, toutefois, l’hypothèse développé par l’ensemble des auteurs, retient l’Inde du Vèm siècle comme berceau du jeu d’Echecs.

Une légende prétend qu’un brahmane nommé Sissa inventa le jeu pour montrer à son monarque toute la faiblesse d’un roi sans son entourage. Pour le remercier de son invention, le monarque offrit à Sissa la possibilité de choisir lui-même sa récompense. Sissa demanda alors simplement qu’on lui remit un grain de blé sur la première case de l’échiquier, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième et ainsi de suite jusqu’à la soixante-quatrième case en doublant à chaque fois le nombre de grains. Il s’avéra que le monarque ne pourrait jamais lui payer son dû, la quantité de grains de blé demandée représentant la somme de toutes les moissons réalisées sur la Terre pendant environ cinq mille ans !

Le jeu, baptisé Chaturanga, bien loin de sa forme actuelle, se jouait à quatre personnes. Chacun jouait pour soi et devait lancer deux dés qui désignaient la pièce à déplacer. Deux étapes importantes dans l’évolution du jeu furent, d’une part, la suppression des dés et, d’autre part, l’association des joueurs par deux.

trois points ont retenu notre attention dans les présentations diverses des auteurs ayant traité la question :

- L’échiquier primitif est un diagramme unicolore de soixante quatre cases qui était utilisés par des prêtres architectes utilisant une figure géométrique semblable à celles utilisées pour établir les plans des temples et des cités.

- Pour JM PECHINE cette époque marque le cycle des guerres fratricides de succession. Le "chaturanga  serait une représentation virtuelle de ces derniers pour le règne suprême " : opposition de quatre adversaires disposant de huit figurines, constitutives d’une armée de l’Inde (l’éléphant de combat, un cavalier, un char de guerre et quatre fantassins).

- L’époque de la suppression des dès et de la réduction des joueurs à deux, corresponds à l’allégeance de deux vassaux.

Il semble qu’il y ait eu un lien, dés les origines de ce jeux avec l’aspect historique du moment, comme s’il y avait eu une volonté d’épurer ses règles. Cette réflexion nous vient des remarques des joueurs d’échecs considérant le jeu Comme un duel dans lequel le hasard n’a plus la moindre place et dont l’issue dépend seulement de la réflexion des joueurs.

Des Indes, le Chaturanga émigra vers le japon (shogi), puis la Perse. En l’an 638 les Arabes s’emparèrent du jeu puis le répandirent dans le Nord de l’Afrique et le sud de l’Europe lors de leurs conquêtes au VIIème siècle.

En l’an 842 les premiers livres sur les Echecs sont écrits. Les universités des Mores en Espagne dispensent la culture musulmane et les Echecs. Une fois que l’église, vers 1100 leva sont interdit sur les jeux, les nobles européens le propagèrent à leurs tour.

Les dernières règles vont progressivement se construire  jusqu’à la fin de la révolution. Après avoir partagé l’échiquier en trente-deux cases blanches et autant de noires (jusqu’ici, l’échiquier n’était qu’un quadrillage unicolore qui ne permettait pas de visualiser les diagonales), on attribua aux pièces leurs noms et déplacements définitifs. C’est ainsi que, par exemple, le fou remplace l’éléphant des indiens et possède les diagonales, le fantassin se transforme en pion et le ministre indien, devenu Vizir chez les Arabes, s’appelle désormais la reine, puis dame.

Nous noterons que les règles se sont modifiés en interaction avec les événements qui se vivait dans le monde dominant de l’époque.

Ainsi, en 1610 l’assassinat d’HenryIV provoque la création du "roque " pour abriter le roi dans un coin de l’échiquier.

Après l’exécution de Marie Antoinette lors de la révolution, la pièce " Reine " se transforma en Dame et ses pouvoirs s’accrurent.

C’est peut-être dans l’Histoire que la fascination actuelle pour le jeu d’échecs prend ses racines et/ou dans son interaction. En tous les cas les modifications des règles correspondent à des moments tragiques de l’histoire d’un pays.

Nous pourrions nous demander si les modifications de ces règles n’ont pas pour objectif de les rendre plus justes et si ce qui fait l’intérêt de ce jeu est ce coté profondément équilibré.

Nous noterons, dans ce même courant de pensée, que le roi est la seule des pièces du jeu ne pouvant être prise par l’adversaire, mais que l’objectif final est de la bloquer. Le rapport à la loi est particulièrement prégnant dans tous les aspects du jeu.

Cet aspect historique et les liens que nous avons pointés ont marqué notre recherche puisqu’elle nous a emmenée à d’autres questions. Le jeu d’échecs ne favoriserait-il pas l’intégration de la loi ? Son acceptation ? Quel peut être la différence entre faire du football par exemple et le jeu d’échecs ? Et d’ébaucher l’idée d’un arbitre sujet à l’arbitraire alors que dans le jeu, la loi est portée par chaque joueur.

Il nous a semblé utile de montrer, dès le début de cette étude, la difficulté de ne parler que de la question de l’attention, cette dernière s’enchevêtrant avec d’autres notions, la notion d’intérêt (être intéressé par une activité).

B. La classe relais ______________________________________ (Retour som.)

b1. le dispositif

La classe relais est un dispositif mis en place par l’éducation nationale, au sein de deux collèges, où la population défavorisée avoisinent les 85%*.

Nous sommes partis du constat qu’un certains nombres d’élèves perturbaient les cours par leurs attitudes : grossièreté, refus d’obéir, incapacité à rester en place...

Les professeurs n’avaient d’autres solutions que de demander une exclusion. Cette dernière, si elle ramène du calme dans la classe, ne résout pas tous les problèmes, dans la mesure où elle est provisoire et où les récidives, au retour de ces enfants sont fréquentes, rien n’ayant pu être travaillé avec l’élève en difficulté (échelle du rejet).

Ce nouveau dispositif a donc pour objectif de prendre en charge les élèves perturbateurs, de leurs éviter les influences de la rue et de préparer leur retour dans l’école, en passant par différents ateliers.

L’atelier  "jeu d’Echecs " en fait partie.

 

b2. l’atelier jeu d’Echecs_______________________________ (Retour som.)

 

Les élèves sont accueillis par quatre et il n’y a aucune obligation de terminer la séance.

L’objectif n’est pas de développer les théories du jeu d’échecs mais plus d’apprendre à disposer correctement le jeu, à déplacer les pièces, et à jouer sur l’échiquier, tout cela en abordant les règles éthiques.

On va dans un premier temps expliquer à l’élève comment disposer correctement l’échiquier et son mode de fonctionnement, en expliquant la notion de couple mathématiques, le nombre de colonnes...

Dans un second temps, on va lui apprendre à déplacer correctement les pièces avec une mise en activité immédiate en procédant par petites unités : on commence par le pion, on explique le déplacement et on fait une bataille de pions, idem avec toutes les pièces jusqu’au roi et l’explication du mat par une visualisation.

La mise en activité immédiate permet aux enfants de ne pas s’ennuyer et d’intégrer plus facilement les fonctionnements du jeu.

 

Enfin dans un dernier temps on met toutes les pièces sur l’échiquier et les enfants abordent les parties d’Echecs d’une façon précise :

Chaque fois que nous regardons ces enfants devant leur échiquier, en train d’analyser le déplacement des pièces et nous expliquer pourquoi ils ont bougé telle pièce plutôt que telle autre, il nous semble évident que ce jeu peut être un outil.

L’analyse des positions donne : " mon roi est-il à l'abri ? ", "ma dame ?mes fous ? ... sont-ils bien protégés ? ", "je développe mes fous et mes cavaliers "......

La liste est longue, et se répète chez chaque adolescent.

Nous allons voir plus précisément dans le paragraphe suivant à quel point l’attention peut exister dés les premières parties.

 

b3. la tour sur la diagonale de la dame_______________ (Retour som.)

Au cours d’une partie écrite, nous remarquons sur l’échiquier la situation suivante : Les deux collégiens jouant ensemble, face à nous, depuis le début de la partie, concentrant leur stratégie à la défense de leur roi, décident de mettre la tour sur la diagonale de la dame.

Les jeunes gens sont restés plus de dix minutes, ne sachant plus, tout à coup, si la dame pouvait ou non prendre la tour. Durant ce laps de temps la tension chez les adolescents était très forte, la discussion animée, chacun essayant de s’arroger son point de vue, tout en demeurant incertain de la règle du déplacement de la dame.

Au terme de cette durée la décision fut prise de laisser la pièce où elle se trouvait et celle ci fut prise par notre dame suscitant un profond dépit de la part des collégiens.

Ce qui nous a marqué dans cette situation est le temps pris pour la réflexion, l’absence de toute autre préoccupation hormis de s’intéresser à ce point du jeu. Nous avions l’image que tout avait disparu autour d’eux, que l’attention portée était "culminante ".

Deux jours après, nous avons repris cette partie avec les collégiens, ils se sont particulièrement bien rappelé du mouvement des pièces et du moment de "la tour sur la diagonale de la dame ". Ils en ont tiré toutes les conséquences en précisant qu’ils ne mettraient plus la tour sur la diagonale de la dame...

Nous venons de décrire le cadre dans lequel nous avons fait nos observations, nous allons maintenant aborder l’aspect social du jeu d’Echecs.

C/ la valeur éducative du jeu d’échecs _______________ (Retour som.)

Dans son ouvrage, "le jeu d’Echecs, un outil pour les élèves de l’école et du collège ", A.NOBLE écrit "l’absence, pratiquement institutionnelle, d'arbitre oblige les joueurs à se respecter et à rester dans le cadre des règles, sinon le jeu devient impossible ".

C’est dans cette optique là, que le jeu d’échecs est d’un grand intérêt pour les enfants en difficultés scolaires et considérés comme perturbateurs.

C’est ce qui explique, a priori, pourquoi il a été choisi, nous verrons à posteriori qu’il n’a pas que cette fonction.

C1. le respect des règles_______________ (Retour som.)

L’échiquier, de part sa forme, représente déjà un cadre. On ne peut pas en sortir, tout se passe à l’intérieur. Si l’on en sort, le jeu s’arrête. Il n’y a pas d’inégalité, d’injustice.

Le jeu d’échecs est régi par un ensemble de règles particulièrement rigide : les blancs commencent, toute pièce touchée est une pièce qui sera jouée ; toute pièce lâchée et se sera au tour de l’adversaire. Les enfants ont les mêmes pièces et il y a donc un principe d’égalité très fort. Les règles sont claires et l’adulte présent n’intervient que sur un déplacement non autorisé par le jeu. Tout est confortable, on peut se concentrer sur le jeu.

Au collège, dans le cadre de la classe, la notion de règle est fondamentale pour l’apprentissage et c’est justement parce que ces enfants n’ont pas respecté ses règles qu’ils sont dans cet atelier.

C2.le respect des autres______________ ______________ (Retour som.)

 

Les élèves qui sont dans cette classe n’ont peu ou pas eu l’occasion d’être initié à la pratique échiquéenne. Ils ne savent pas ou peu, jouer et leur objectif semble être de dépasser leur adversaire. Ce dernier est plus perçu comme un partenaire de jeu, avec qui il se construit quelque chose, autour de l’échiquier, plutôt qu’en ennemi. Les propos sont mesurés, ils restent correct et concentrés.

C’est aussi la même chose quand les deux enfants se retrouvent ensemble pour se confronter à l’adulte. L’objectif pour eux est de mettre "échec et mat " le professeur, bien que souvent au début de l’apprentissage, la stratégie développée vise à se protéger le plus longtemps possible.

Nous avons pu voir dans ces quelques pages, que le jeu d’Echecs, avait sa place dans une classe relais : d’une part, il intéressait les jeunes collégiens en voie d’exclusion, d’autre part il avait une valeur éducative.

Nous allons maintenant plus précisément aborder la notion de capacité attentionnelle ou attention, même si nous y avons fait quelques fois référence et essayer de donner quelques éléments de réponses qui permettent de dire que le jeu d’Echecs développe l’attention.

 

II le jeu d’Echecs et l’attention,

des éléments de réponses

______________________________ (Retour som.)

A/Généralités

Nous n’allons pas dans ce travail, disserter longuement sur la relation échec scolaire, trouble de l’attention. Nous signalerons simplement que ce lien existe et a été démontré par plusieurs auteurs, dont CHARBONEAU et BARKLEY.

Dans un premier temps, nous allons définir le terme d’attention. KROGNOUS dit que c’est "la concentration de l’activité cérébrale sur un certain objet, qu’elle ne peut être dirigée que sur un pôle, à l’exclusion de tout autre. "

Brièvement, nous dirons que CHARBONEAU mesure la carence d’attention comme facteur de troubles de l’apprentissage scolaire, chez les enfants en classe de récupération et BARCKLEY précise dans sa théorie, qu’il y a trois sous types, dans la rubrique déficit d’attention avec hyperactivité ;

" Le premier sous type représente l’enfant souffrant d’inattention. Il ne semble pas écouter en classe, il est capable de se concentrer, il regarde souvent ailleurs et il persiste, moins à toutes les activités ennuyantes. Un autre sous type est hyperactif-impulsif.

L’enfant diagnostiqué, a de la difficulté à rester assis en classe, il bouge plus, bruyamment, parle plus, interrompt souvent les autres. Le dernier sous type est une combinaison des deux autres sous types ".

Nous retrouvons souvent ce type de comportement chez les collégiens accueillis en classe relais ; de très faibles capacités d’attention, une grande impulsivité, un faible intérêt pour le monde extérieur.

S.FAURE et J.SIMON, dans leur étude, montre à ce sujet, que des adolescents n’ont pas acquis des compétences cognitives, susceptibles de leur donner accès au sens de la loi. Il peut y avoir alors une confusion de la loi symbolique et de celle de la justice autorisant tous les abus ".

Pour ces auteurs cette méconnaissance des éventuels dysfonctionnements cognitifs (alors que l’histoire personnelle et familiale est le plus souvent avancé comme unique modèle explicatif) semblent conduire à des attentes irréalistes, une incompréhension du monde environnant dont il ne comprend pas le rejet ou les sanctions.

Il s’en protège par des réactions qui peuvent être violentes et qui l’entraîne suivant la réponse de l’autre dans une spirale d’incompréhension.

B/ Quelques causes générant l’attention_________________ (Retour som.)

B1. Le plaisir de jouer

La notion de jouer en classe commence à apparaître. Le plaisir d’apprendre semble être un élément moteur pour faire naître et développer l’intérêt et la motivation. Il serait utilisé pour comprendre et apprendre des nouvelles notions, des mécanismes.

Ouvrons une parenthèse pour considérer ce problème au niveau de l’enseignement dispensé à la faculté en amphithéâtre. Les professeurs, du point de vue des étudiants, qui font "passer " le mieux leur enseignement sont ceux qui égaient leur cours en captivant l’attention, en parsemant, ici et la, un petit grain de "je ne sais quoi " qui maintient l’éveil de l’auditoire, ce qui est la même chose au niveau du collège.

La notion de plaisir dans l’apprentissage semble être aussi en lien avec l’intérêt et l’attention portée à l’enseignement.

Nous pourrions dire également que de brèves coupures dans un enseignement favorisent l’attention  et nous pourrions rajouter : " si les coupures font sourires (sous-entendu par le décalage provoqué par la réalité présentée) ne sont-elles pas une manière de fixer à nouveau l’attention sur le thème étudié ?

A ce propose JF RICHARD dans son livre traitant de l’attention confirme ces propos. Il montre que si l’on introduit des pauses, même de courte durée dans une situation prolongée de surveillance ou de résolution d’anagrammes il y a une amélioration dans le résultat obtenu et il conclut :  " c’est donc le changement d’occupation qui est la chose importante ".

Pour en revenir au jeu d’Echecs, l’activité en elle-même est une source de dépaysement, de parenthèses, qui peut être reliée à ce qui vient d’être écrit. Ce peut être un facteur à prendre en compte dans l’attention que semble accorder le collégien au jeu. Cette notion nous parait être en rapport avec le plaisir d’apprendre.

Ce plaisir du jeu se retrouve dans les recherches effectuées actuellement parmi 70 élèves de la maternelle à la 6èm sur l’impact du jeu d’Echecs sur la résolution de problème mathématique et sur les attitudes coopératives (95-97). R. PALLASCIO, chercheur-professeur dépt Math et CIRADE. QUEBEC Ecole des Petits Castors.

Ce plaisir d’apprendre semble être lié également au respect de l’adversaire et nous avons montré que les règles du jeu d’Echecs ne laisse pas de place au hasard et sont "justes", Les aspects affectifs étant "maîtrisés ", la stratégie peut se développer.

Nous noterons quant à notre expérience que la qualité de la partie dépend aussi des deux joueurs. Ils semblent éprouver davantage de plaisir s’ils sont de même niveau, en se considérant davantage comme partenaire.

Lors du bilan des classe relais fait avec les élèves, l’atelier jeu d’Echecs  ressort systématiquement comme l’atelier "préféré "vers lequel on souhaite retourner. On peut se demander si les élèves qui n’ont pas de plaisir, peuvent être attentif ?

B2. La responsabilisation____________________________ (Retour som.)

 

Quand un élève fait une partie d’échecs et qu’il perd, la défaite lui paraît normale. Il sait qu’il ne maîtrise pas tous les paramètres du jeu et qu’il évalue mal les conséquences de ses coups. Au plus il progresse, au plus il comprend et peut se sentir de plus en plus responsable.

Or pour ces enfants en difficultés scolaires, ils sont généralement considérés comme irresponsables, et se considèrent également comme tel : "j’ai une mauvaise note, je n"écoute pas, de toute façon je n’y comprends rien, c’est la faute du prof ".

Cela soulève la question de savoir si l’élève qui se sent responsabilisé, sera plus attentionné ?

Les travaux sur l’image de soi et la performance scolaire montrent par les théories de l’attribution que l’individu attribue à un événement des causes internes ou externes. Les travaux de POSTIC et WAGEMAN (1996) expliquent que les responsabilités internes sont développées par l’école et la famille et qu’elles se transforment en cas d’échecs répétitifs en une impuissance acquise, en une absence de motivation, en une résignation apprise.

D’où la question, puisque je ne suis pas fait pour l’école, pourquoi m’y intéresser, pourquoi être attentif à ce qui se déroule ?

C’est encore dans les travaux de S, FAURE et J, SIMEON que l’on remarque que "sacha ", pensionnaire d’une maison d’enfants à caractère social se met à être attentif à partir d’une reconnaissance d’un travail informatique, qui est lui-même en lien avec la médiatisation de la relation (ici l’ordinateur), et qu’il y a, à partir de là une image de soi en constante évolution. Nous noterons que l’outil informatique se différencie des jeux d’échecs dans le rapport du plaisir partagé avec des pairs.

B3. le défi_________________ _____________________ _____________(Retour som.)

 

Le docteur JOFEUR, pédopsychiatre dit que "tout défi remet l’attention en marche".

Pour la pratique des Echecs, le joueur est confronté à de nombreux défis, comme celui de battre son camarade. Il va aussi avec beaucoup de conviction essayer de battre son professeur, et on peut imaginer tout l’allant qu’il va y mettre.

D’une manière générale, l’intérêt est que le défi soit à sa portée, et qu’il pense qu’il y a une solution.

Les Echecs sont considérés d’après les études québécoises comme étant propice au développement en mathématiques, or en mathématiques, ce que l’on attend de l’élève est qu’il fournisse un résultat précis et s’il y a dix élèves, il y aura une seule bonne réponse.

Dans le jeu d’Echecs, rien de tel ! Il s’apparenterait de ce point de vue à une rédaction de français puisque sur dix élèves vous aurez dix cheminements différents sans pour autant de mauvaise réponse.

Rappelons que dès le 10èm coups il s’offre 10 puissance30 de réponses à l’adversaire. La dimension de l’univers échiquéen est de l’ordre de 10 puissance1070 (J.MAROLLEAU, fédération française des Echecs, 1974).

L’intérêt dans cette approche montre qu’il n’y a pas dans le jeu d’Echecs une bonne réponse mais une multitude de réponses. Le défi reste permanent, le "jugement " de l’autre doit attendre la fin de la partie.

 

C/ Utilité des Echecs dans le développement de l’attention.

Nous allons expliquer, en quoi le jeu d’Echecs a pour première nécessité l’attention. Si cette dernière n’est pas présente, le jeu peut basculer. A ce sujet N.GREKOV écrit : " les échecs demandent un effort d'attention particulièrement soutenu. Une seconde de distraction peut faire chavirer le résultat d’une partie ".

Plus grave, il peut ne pas y avoir de jeu intéressant, dans ce cas, le jeu s’arrête.

Nous allons nous appuyer sur les travaux de N. KROGUIOUS, qui dans son ouvrage "la psychologie du jeu d’Echecs analyse précisément cette notion comme condition clef.

Le moindre relâchement est pénalisé. Il est essentiel de faire preuve d’une grande vigilance, et ce, de façon soutenue. Cette qualité est également précieuse dans toute forme d’apprentissage.

 

L’auteur pense que ce jeu est un bon moyen de combattre la distraction, de discipliner son caractère, sa façon de penser. Il explique que des recherches ont prouvé que le fait de réaliser une activité exigeant à la fois initiative et créativité permettait d’accroître son niveau d’attention, en particulier pendant les périodes de l’enfance et de l’adolescence.

Dans cette optique, le jeu d’Echecs semble être efficace car le joueur doit sans cesse bâtir de nouveaux plans, rechercher des idées originales et résister au menaces adverses. " Dans ce domaine, la paresse de la réflexion, le manque d'imagination et la passivité sont impitoyablement punis. Le joueur évolue dans un monde continuellement en transformation et doit pouvoir accroître la mobilité de son attention et de sa distribution, ce qui l’aidera, en retour, a maîtriser certains défauts de sa personnalité " N.KROGUIOUS.

- L’attention : instrument de valeur pour l’acquisition de connaissance

Lorsque l’adversaire a effectué son coup et que le joueur essaie de se souvenir d’une variante, de monter une combinaison ou de porter un jugement, il considère des faits qui représentent une information et renforce ainsi son savoir. C’est l’attention qui organise et régit le processus d’apprentissage, explique N.KROGUIOUS. Ce n’est qu’en se concentrant profondément que le joueur peut imaginer le plan adverse, se remémorer des positions similaires et pèse le pour et le contre du coup envisagé.

- L’attention liée à l’affect/ à la volonté

Les expériences émotionnelles ont une grande influence sur le joueur ; au plus il sera en colère, confus, au plus il aura des difficultés pour réfléchir. Le jeu d’Echecs permet de contrôler son attention, en mettant en présence des émotions des sentiments. Le jeu nous apprend à ne pas nous laisser aller en cas de danger et nous aide à préserver notre capacité de travail et notre application malgré les difficultés. Pour N.KROGUIOUS la direction de l’attention dépend de deux facteurs : la détermination et les affects.

Il nous semble que tous ces domaines sont à travailler chez les collégiens accueillis.

 

III - MISE EN PLACE D’UN DISPOSITIF D’EVALUATION _____________________________________________________________________(Retour som.)

 

La forme actuelle de la classe relais, ne nous permet pas de vérifier sur le laps de temps donnée pour le travail d’approfondissement notre hypothèse. Par contre, à la prochaine rentrée scolaire, la classe relais sera composée d’un groupe de quatorze élèves venus de différents établissements et les enfants resteront dans ce dispositif huit semaines.

A ce moment là, nous mettrons en place notre dispositif d’évaluation.

Nous proposons de scinder la classe relais en deux groupe :

Le groupe A (7 collégiens) faisant l’activité jeu d’Echecs et le groupe B (les 7 autres collégiens) faisant une activité musique.

½ Groupe A activité Echecs mardi : durée Une heure trente

mercredi : durée Une heure trente

½ groupe B groupe témoin "activité musique "

mardi : durée Une heure trente

mercredi : durée Une heure trente

Nous proposons d’établir deux types de questionnaires, afin de mettre en complémentarité les deux rôles distincts qui sont celui de l’enseignant et de l’élève.

  1. Outils d’évaluation de type questionnaire pour les enseignants en mathématiques et français.

Ce questionnaire sera distribué à deux moments :

- lors de la 1er semaine de la classe relais

- Lors de la 8èm semaine de la classe relais

TROUBLES DE L'ATTENTION ( Ce questionnaire s’inspire pour cette partie, d’un modèle canadien, cf.Bibliographie)

Hyperactivité

1. Agit impulsivement, c'est-à-dire agit d'abord et réfléchit ensuite Oui Non
2. Bouge constamment Oui Non
3. Se comporte de façon incohérente d'une journée à l'autre Oui Non
4. Dérange les autres Oui Non
5. Possède une capacité d'attention limitée Oui Non

Disinhibition

1. Semble mal diriger son attention Oui Non
2. Rêve tout éveillé Oui Non
3. Fait des commentaires qui tombent à mal point Oui Non
4. Entreprend ses travaux sans avoir écouter les instructions Oui Non

Inattention

1. Est facilement distrait par ce qu'il voit et entend autour de lui Oui Non
2. Ne peut distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas Oui Non

Persévération

1. Persiste dans une activité ou s'obstine dans une série de réflexions ou de pensées jusqu'à l'obsession Oui Non

Organisation

1. Se prépare rarement à un cours Oui Non
2. Perd ses travaux et ses effets personnels Oui Non
3. Prend des notes désordonnées Oui Non
4. Est souvent en retard ou négligent Oui Non
   

Perception sociale

1. Déteste l'école et s'en plaint fréquemment Oui Non
2. Assume rarement la responsabilité de ses actes, en blâme les autres par exemple Oui Non
3. Se fâche facilement Oui Non
4. Est insensible aux sentiments d'autrui Oui Non
5. A peu d'amis Oui Non
6. Est retiré Oui Non
7. Ne participe pas aux activités de groupe Oui Non
   

 

Matières Notes Observations
Français    
Mathématique    

 

 

 

 

 

2 - Un questionnaire pour les élèves

L’intérêt est de savoir comment les enfants perçoivent l’évolution de leur attention dans la classe en respectant les ITEMS précédent et en les adaptants à l’âge des sujets. Ce questionnaire est distribué au groupe A et groupe B, la première semaine et la dernière semaine de la classe relais.

 

 

 

 

 

 

QUI SUIS-JE ?

1. J’agis et après je réfléchis Oui Non
2. Je bouge en classe Oui Non
3. je suis calme puis je m’énerve sans savoir pourquoi Oui Non
4. J’aime embêter les autres Oui Non
5. j’arrive à écouter tous les cours tout le temps Oui Non
6. J’ai du mal à me concentrer sur ce que je fais Oui Non
7. Je pense souvent à plein de choses Oui Non
8. je réponds correctement au professeur Oui Non
9. Avant de commencer à résoudre un problème je me rends compte des difficultés Oui Non
10. Es-tu souvent distrait à cause des autres Oui Non
11. Ce que voit l’adulte c’est ce que tu vois Oui Non
12. Quand j’ai raison, j’ai raison Oui Non
13. Je pense à ce que je vais faire à l’école avant d’y aller Oui Non
14. je perds mes affaires d’école Oui Non
15. J’ai du mal à pendre les cours Oui Non
16. J’ai toujours plein de choses à faire avant d’aller en classe Oui Non
17. J’aime l’école Oui Non
18. C’est les autres qui font les bêtises Oui Non
19. Je me bats Oui Non
20. j’aime les autres Oui Non
21. j’ai des copains Oui Non
22. j’aime être tranquille Oui Non
23. J’aime jouer seul Oui Non

 

CONCLUSION

_________________________________________________________________(Retour som.)

 

La question initiale a laquelle nous devions répondre pourra l’être dans sa totalité, après la mise en place du dispositif d’évaluation. Néanmoins ce travail d’approfondissement nous a montré que cette question était liée à de nombreuses autres et méritait une recherche approfondie.

Quels sont les liens entre attention et intérêt ? envie d’apprendre ?

Nous partions du principe que notre idée était novatrice dans le sens ou nous considérions le jeu d’échecs comme un outil alors que dans notre culture il nous semblait être davantage considéré comme un loisir ou un  sport de compétition.

Nous avons été étonné, lors de nos recherches, de voir le jeu d’Echecs considéré comme un champ disciplinaire. Aujourd’hui au Canada un nombre grandissant d’écoles primaires ont mis les Echecs à leurs programme avec une approbation du Ministère de l’éducation.

Nous sommes enclin à penser qu’un collégien en difficulté scolaire, peut, avec l’aide d’un adulte qui l’accompagne, résoudre et comprendre de nombreux problèmes échiquéens. Cette compréhension déboucherait sur une EMOTION.

JL PAOUR nous dit que l’enfant retardé mental a rarement l’occasion de faire cette expérience, or, c’est justement cette dernière qui débouche sur un désir intrinsèque qui a comme conséquence d’aller chercher la confrontation d’une nouvelle résolution de problème.

D’après l’auteur, elle aurait une incidence sur les théories de l’attribution en renforçant l’image de soi.

Nonobstant le fait que ces travaux s’adressent à une public dit en " retard mental ", nous pensons qu’il peuvent s’appliquer à des enfants souffrants d’autres inadaptations. D’autres part, le jeu d’échecs a toutes les caractéristiques requises pour un micro monde.

Nous pourrions alors espérer, que comme nos voisins Canadiens, ce jeu soit davantage inscrit dans des pratiques scolaires.

 

BIBLIOGRAPHIE ______________(Retour som.)

AUGER MT; BAUCHARLAT, chronique sociale LYON, 1995

Elèves difficiles, profs en difficultés

BOUMARD P, PUF PARIS, 1999

L’école, les jeunes, la déviance

BOUTIN M, Edition BORNEMANN, 1999

Le livre des jeux de pions

DEBARDIEUX E, ESF, 1999

La violence dans la classe

FAURE S, SIMON J, 1998

Troubles de l’apprentissage

KROGUIOUS N, Ed. Grasset, Paris 1986

 la psychologie au jeu d’échec

NOBLE A, C.R.P.D, Poitou-Charentes, 1995

Le jeu d’Echecs, un outil pour les élèves de l’école et du collège

PAOUR JL, Thèse de doctorat d’état en psychologie, Université de Provence,

Un modèle cognitif et développemental du retard mental pour comprendre et intervenir

PECHINE JM, Edition GALLIMARD 1997

Roi des jeux, jeux des rois

RICHARD JF, PUF le psychologue, 1980

L’attention

ROOS M, PUF Que sais-je ? 1990

Le jeu d’échecs

ROOS M, PUF Que sais-je ? 1990

Histoire des échecs

SENECA livre de poche, Paris, 1974

Les échecs

Site Internet (supervision du professeur)

L'attention est à la base de l'ensemble des fonctions mentales supérieures. Norman et Shallice (1986) et Shallice (1978)... http://www.psy.ulaval.ca/~tcc/EAttenti.htm

Conseils pratiques pour parents et professeurs. Médicaments. Interventions behaviorales. Interventions cognitives. Un seul type d'intervention ou... Intervention- ADHD-Mythe ou réalité?

Sur ce site internet : http://www.cfc-efc.ca/docs/00000503.htm , nous
trouvons un exemple canadien de grille d'évaluation des troubles de
l'attention.

 

chess@chess.net

les Echecs

 

 

En attente de l'accord de notre professeur

Site Internet (supervision du professeur)

L'attention est à la base de l'ensemble des fonctions mentales supérieures. Norman et Shallice (1986) et Shallice (1978)... http://www.psy.ulaval.ca/~tcc/EAttenti.htm

Conseils pratiques pour parents et professeurs. Médicaments. Interventions behaviorales. Interventions cognitives. Un seul type d'intervention ou... Intervention- ADHD-Mythe ou réalité?

Sur ce site internet : http://www.cfc-efc.ca/docs/00000503.htm , nous
trouvons un exemple canadien de grille d'évaluation des troubles de
l'attention.


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